Abdelhadi Khaïrat, membre du Bureau Politique de l’USFP avait soulevé la question des agréments de transport qui ne mentionnent même pas le nom du titulaire. Le procureur a fini par l’appeler et lui a proposé de passer par la BNPJ. Celle-ci a effectivement entendu l’homme politique et ouvert une enquête sur le dossier. C’est un cas unique dans les annales et qui démontre les nouvelles prédispositions de la justice face aux passe-droits. Au même moment lundi dernier sur les écrans de la télévision publique un transporteur expliquait qu’il louait un agrément au nom… d’un enfant de cinq ans !.

Pourtant ce n’est qu’un aspect du problème, celui-ci est beaucoup plus complexe. Les agréments de transport n’ont aucune utilité économique et bloquent le développement du secteur. Les carrières soumises à la rente posent aussi des problèmes environnementaux. Ainsi en est-il des carrières de sables trop proche de la mer et donc avec une salinité qui devrait interdire leur usage dans les constructions. Ce ne sont que les deux privilèges les plus voyants, mais la tente gangrène plusieurs secteurs.
Aucun gouvernement n’a pu démanteler le système rentier, même si cette réforme est à l’ordre du jour depuis 1993. La puissance des lobbys y est pour beaucoup, mais on ne peut occulter qu’une telle réforme porte atteinte à des droits acquis et parfois à de petites gens qui servent d’alibi au système.
Le futur gouvernement bénéficiant de la conjoncture politique, pourrait s’y atteler. Démanteler la rente, c’est d’abord une question de justice sociale et d’égalité des individus. Les privilèges des rentiers aussi petites soient-ils, sont inacceptables dans le Maroc d’aujourd’hui. Pourquoi est-ce qu’un chauffeur de taxi doit-il partager le fruit de son labeur avec ancien fonctionnaire détenteur de l’agrément. Mais c’est aussi une question de performance économique. Les carrières, les transports peuvent connaître un essor certain du fait d’une réorganisation moderne, permettant l’émergence d’entreprises, encadrées légalement, mais délestées du poids de la rente.

Tous les ministres successifs reconnaissent qu’il faut en finir avec la rente. Mais il faut éviter la personnalisation du système. Celui-ci est pervers de nature, le fait que x ou y en profite ne doit pas cacher que sa perversion est globale. Bien qu’il soit choquant que des commis de l’Etat se servent de cette manière. Le prochain gouvernement devra démanteler l’ensemble du système, y compris les règles régissant le foncier en appliquant tout simplement la règle de l’égalité de tous les Marocains !.