D’ailleurs, je prends à témoin un pote étranger, disons européen pour ne pas le cramer, et qui, dès que je lui en parlé au téléphone, a eu cette réplique insolite et inattendue : « Bienvenue dans notre monde ! ». Et comme il a dû comprendre que je n’avais pas pigé sa vanne, il a aussitôt ajouté, devant ma totale et absolue incrédulité : « Vous êtes en train d’entrer de plain pied dans la modernité ». Texto, mes amis ! Je ne vous cache pas que ça m’a laissé coi. Bouche bée, quoi.
D’abord, ce que j’ai oublié de vous dire, c’est que je n’habite pas très loin du lieu où ça a eu lieu. En plus, ce matin-là, je suis passé, juste à côté, quelques minutes plus tôt, sans, bien sûr, savoir que ça allait arriver. Je suis un visionnaire, mais pas encore un voyant. Mais, quand je l’ai su plus tard, grâce à mon Smartphone délateur qui me raconte tout même quand je ne lui demande rien, j’ai failli avoir une syncope. Et si j’étais là, me suis-je fait peur après coup, juste au moment où l’or se barrait en barres, j’aurais été vraiment mal marré. Au fait, puisque j’ y pense, c’était de l’or en barres ou… en petites coupures genre, bagues, bracelets, chaînettes ou autres amulettes ? Je vous le demande à toutes fins inutiles car ma douce moitié m’avait posé la même question alors que moi j’étais en train d’insister sur les malheureux salariés du richissime joailler qui avaient failli y passer. Ceci dit, soyons honnêtes, ma femme n’est pas la seule à avoir tilté sur la mallette dorée. Il y a eu aussi, et dans le désordre, ma mère, mes sœurs, une belle sœur, ma vieille tante et même ma chère associée et néanmoins amie, « étrangère » en plus, et que je ne pensais pas du tout être portée sur la chose. C’est la preuve, encore une, que si les hommes n’aiment pas beaucoup les bijoux, ne serait-ce que parce que ça leur coûte bonbon, les femmes, elles, continuent d’en raffoler même si… ce n’est pas le moment. Quant à moi, je suis encore sonné – pourtant, je le répète, je n’ai rien vu et rien entendu de tout ce bazar – et j’ai comme l’impression que, comme le Maroc et comme, semble-t-il, la majorité des Marocains, moi aussi je commence à croire au changement. Mieux : lentement mais sûrement, moi aussi, je suis en train de changer. La preuve, et vous ne vous êtes même pas encore rendu compte, c’est, je crois, la premier fois qu’au lieu d’écrire, comme d’habitude, bêtement et souvent lourdement sur nos politiciens qui n’en demandent pas tant, je viens d’écrire tout un billet sur… un vulgaire fait divers. Détrompez-vous – ou rassurez-vous – c’était juste un trompe-l’œil pour tromper l’ennemi. En fait, je ne fais – ramadan et vacances obligent – que respecter la trêve des confiseurs et… des joaillers. En attendant qu’on arrête les mystérieux motards lascars casqués et qu’on leur mette de jolis bracelets, je vous souhaite un très bon week-end et je vous redis, bien entendu, vivement le vrai changement et vivement vendredi prochain.