Les images du lynchage du dictateur Libyen et de son fils ont choqué tous ceux qui sont attachés à la dignité humaine. L’occident réagit, mollement, pour le principe.
Mais quand la première décision législative du nouveau pouvoir c’est l’autorisation de la polygamie, interdite sous Kadhafi, les réactions sont celle de l’inquiétude. Les élections Tunisiennes ont été transparentes, avec un taux de participation record, Ennahda, courant Islamiste sauvagement réprimé par Ben Ali est en tête, sans être majoritaire. Là aussi les commentaires font état d’une inquiétude. De la même manière le futur de l’Egypte « les » inquiète.
En Libye, la centaine d’instructeurs militaires de l’OTAN qui encadraient les rebelles ont permis la main mise des intégristes sur l’armée insurgée, en sachant que leur projet n’est pas la construction d’un état civil moderne.
En Tunisie, Ennahda affirme vouloir la sauvegarde des acquis démocratiques, y compris ceux des femmes, a appliqué la parité dans ses listes. Ce parti a la légitimité des urnes maintenant et l’appel à une alliance de tous les autres contre lui, n’a pas de sens, surtout qu’ils ont été une centaine à briguer le suffrage des Tunisiens.
L’occident ne peut intervenir militairement, soutenir les révoltes populaires, au nom de la démocratie et vouloir empêcher le fonctionnement de celle-ci. Il faut rappeler que Sarkozy avait affirmé publiquement qu’il soutenait Moubarak, parce que sinon ce sont les frères musulmans qui gagnaient et ce, quelques mois avant que le Raïs ne soit balayé par la contestation. L’occident aui a soutenu les dictateurs parce que, soit-disant ils constituent un barrage à l’Islamisme, ne peut aujourd’hui demander aux démocraties naissantes de se « prémunir » par des subterfuges de ces mêmes Islamistes.
Le débat de fond sur la nature réelle de leur projet demeure.
Mais quand ils acceptent les règles du jeu démocratique, au nom de quoi, sur instruction occidentale, on leur dira vous avez le droit de jouer mais pas celui de gagner ?
Nier l’existence d’un courant identitaire fort au sein de ces sociétés est une imposture.
La sécularisation de l’Islam, peut réaliser à partir de sa confrontation avec les réalités de la construction de l’Etat moderne. Les contradictions amèneront des réponses réformatrices, pas les oukases occidentales.