Twitter, Facebook…et la culture de l’accountability

Nadia Lamlili
الجمعة 15 أبريل 2011 - 13:31


Depuis quelques semaines, la toile marocaine s’agite sur deux affaires impliquant directement la gestion des deniers publics. Il y a eu l’affaire du ministre de la Jeunesse et des Sports Moncef Belkhayat, qui aurait, selon des informations ayant circulé sur Twitter, accordé à quelqu’un de sa famille un marché de son Ministère portant sur l’établissement d’un Système d’Information. Et puis l’affaire des responsables du Festival Mawazine qui ont démenti toute intervention financière publique dans l’organisation de leur événement.



Twitter, Facebook…et la culture de l’accountability
Ce qui est inacceptable dans l’affaire Belkhayat, ce n’est pas le fait qu’il ait accordé un marché à un de ses proches, en l’occurrence M. Mehdi Kettani, DG de Bull Maroc. Ce dernier a le droit de soumissionner et de gagner dans le total respect de la Loi. Ce qui est surprenant, c’est qu’un ministre puisse renier le lien de parenté en question alors qu’en même temps des documents montraient, preuves à l’appui, l’existence de cette alliance familiale. Questionné par un twitteur, M. Belkhayat a répondu: «M. Kettani, DG de Bull Maroc et moi n'avons ANCUN lien de parente ni de près ni de loin ni par alliance». Quelques jours après, il reçoit quelques membres de la twittoma au siège du Ministère et leur réitère le même discours. Qu’aurait perdu le ministre à reconnaître ce lien de parenté? Personne n’aurait pu remettre en question son choix familial si la réglementation des marchés publics avait été respectée.

De même, dans l’affaire Mawazine, persister à dire que ce festival n’est pas subventionné par le public alors que nombre d’entreprises publiques et semi-publiques y ont déjà injecté du cash à travers le sponsoring est, décidément, une insulte à l’intelligence des Marocains. Les noms de ces entreprises sont citées sur la plaquette même du festival (ONCF, CDG, RAM…). Si l’objectif derrière la déclaration des responsables de Mawazine est d’atténuer cette grogne qui monte sur le festival demandant son annulation, le pari est raté. Ce n’est pas en persistant à dire que Mawazine n’est pas financé par «l’argent du peuple», que le peuple arrêtera de protester. Quand bien même on n’est pas convaincu de la pertinence de ces protestations! Car demander l’annulation des festivals sous prétexte que le Maroc et la région arabe doivent d’abord déployer cet argent dans la résorption de la pauvreté manque assurément de vision. Le Maroc ne peut pas sacrifier ces grands événements, Mawazine ou autres, qui ont des retombées incontestables sur notre tourisme et sur l’emploi.
Mais ne nous voilons pas la face! Ce que cette population reproche aux responsables de Mawazine ou à Moncef Belkhayate, c’est qu’ils n’ont pas communiqué d’une façon transparente et cohérente sur la façon avec laquelle ils ont géré les deniers publics. Les Marocains sont en train d’exercer la culture du « rendre des comptes », Al Mouhassaba en arabe ou l’accountability en anglais. Et il est de notre intérêt à nous tous d’exercer ce droit sans susceptibilité, dans le total respect des lois et de la cohérence des pensées de chacun.

Car avec les médias sociaux, cette culture d’accountability ne fera que gagner du terrain. La rétention de l’information n’a plus lieu d’être. Les citoyens se sont appropriés les moyens d’information et en très peu de temps, peuvent recouper et publier. Bien sûr, il y a du bon et du mauvais sur la toile. Alors, pour se forger une position, cette jeune communauté cybernétique marocaine veut se baser sur la raison, des faits empiriques et vérifiables et…elle demande aux responsables de ce pays de faire de même.


1.أرسلت من قبل Yan gh Imazighen في 15/04/2011 15:26
Deux coquilles ou deux erreurs dans dans le texte de Mme Lamlili.

Si la première est rigolote (M. Kettani, DG de Bull Maroc et moi n'avons ANCUN lien de parente ni de prêt ni de loin ni par alliance, la deuxième ne l'est pas vraiment. Au lieu de prêt, c'est plutôt près. Mais comme on est dans le domaine du népotisme, la corruption, la concussion, le favoritisme,etc., des tares que l'on peut considérer comme des constantes, sacrées bien sûr, du régime marocain, l'usage erroné de mot prêt renforce l'idée de la pourriture qui sévit au sein du régime. Tant mieux donc.

Par contre, la deuxième coquille (Combien même on n’est pas convaincu de la pertinence...) est plus une grossière erreur de français. Ma chère Lamlili, combien même s'écrirait plutôt quand bien même. Ce qui veut dire simplement même si.

Pour le texte en général, il nous apprend rien que l'on ne connaît pas déjà sur les pratiques du régime qui règne et gouverne par le mensonge, la rapine, la violence et la haine.

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