Ne cédons pas à la peur !Nadia Lamlili
الخميس 28 أبريل 2011 - 18:26
Jeudi 28 avril, Marrakech a été secouée par une explosion qui a fait, à l’heure où ce point de vue est écrit, 14 morts et 20 blessés. Sur France 24, le porte-parole du gouvernement Khalid Naciri a confirmé la piste de l’attentat et tout le monde s’attend à d’autres rebondissements au courant de la journée. Choqués, les Marocains présentent leurs condoléances aux familles endeuillées et des actes de solidarité spontanés sont organisés, y compris sur les réseaux sociaux, pour les soutenir.
Le drame de Marrakech intervient en plein processus de réforme constitutionnelle et de mobilisation citoyenne pour un nouveau Maroc. Il est à craindre qu’il ne serve d’alibi pour bâillonner ce formidable mouvement d’éveil des consciences et ré-enclenche «la guerre de prévention contre le terrorisme» avec son corolaire de détentions arbitraires et de régression au niveau des libertés publiques. L’Histoire est là pour le démontrer.
On se souvient encore des attentats de Mai 2003 de Casablanca qui ont fait éclater une illusion. Celle d’un Maroc à part, baignant dans la stabilité et résolument engagé dans des réformes structurantes. Un blindage sécuritaire des plus durs s’est opéré. Il y a eu près de 5000 arrestations, avec leur lot de tortures et de disparitions forcées, en plus d’une législation anti-terroriste qui a doté les sécuritaires de pouvoirs étendus. Ces arrestations n’ont jamais été tirées au clair malgré les demandes de l’AMDH de les intégrer dans la mission d’inspection de la défunte Instance de l’Equité et de la réconciliation (IER). Le deuxième attentat intervenu en 2007 à Sidi Moumen à Casablanca a consacré le pouvoir absolu du sécuritaire sans décréter un remède de fond à l’exclusion sociale. Les autorités se sont empressées de multiplier les programmes sociaux pour remédier aux inégalités. Mais leur réponse, nourrie par la peur, était toujours conjoncturelle, incohérente et favorisait plutôt l’assistanat stérile qui empêchait les populations de se prendre en charge. Nous avons eu par exemple un programme «Villes Sans Bidonvilles» qui va arriver à échéance l’année prochaine avec un constat d’échec à cause de l’absence d’une réelle volonté d’assainissement du tissu local. Ce n’était ni plus ni moins qu’un produit de marketing social. De même, l’Initiative Nationale du Développement Humain (INDH), le chantier de règne, s’est fossilisée à cause de sa centralisation dans les mains du Ministère de l’Intérieur et de la Primature et a servi de terroir fertile à des associations montées de toutes pièces par certains élus uniquement dans le but de bénéficier de la manne publique. Ne nous trompons pas d’objectif: Les vrais changements sociaux et politiques auxquels aspirent les Marocains se préparent actuellement. Ca serait un vrai gâchis de sacrifier tout cet élan national sur l’autel d’un énième durcissement sécuritaire dictée par la peur. Après l’acte criminel de Marrakech, ceux qui croient que le Maroc risque gros avec les manifestations qui sont régulièrement organisés par le mouvement du 20 février dans tout le Maroc se trompent. C’est cette mobilisation qui va semer les germes d’une démocratie durable. La politique de l’autruche nous fera juste rater un grand rendez-vous avec l’histoire. Encore un de plus. تعليق جديد
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